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Reporters sans frontières adresse une lettre à Hillary Clinton, à la veille de sa visite au Bahreïn

Reporters sans frontières adresse une lettre à Hillary Clinton, à la veille de sa visite au Bahreïn

Publié le jeudi 2 décembre 2010.
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Reporters sans frontières adresse une lettre ouverte à la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton pour la libération d’Adeljalil Al-Singace et Ali Abdulemam, à l’occasion de sa prochaine visite au Bahreïn. L’organisation lui fait également part de sa profonde inquiétude sur la situation de la liberté d’expression et des droits de l’homme dans le pays.

Le 28 octobre 2010 s’est ouvert le procès de 25 militants des droits de l’homme et proches de l’opposition, arrêtés entre août et septembre 2010. Deux audiences complémentaires, le 11 et le 25 novembre, ont déjà eu lieu. Les accusés, dont Adeljalil Al-Singace, directeur d’Al Haq, mouvement pour les libertés civiles et la démocratie, blogueur et universitaire, et Ali Abdulemam, blogueur considéré par les net-citoyens du pays comme un pionnier d’Internet, très actif sur le forum bahrainonline.org, sont poursuivis pour plus de dix chefs d’accusation. Tous les accusés ont plaidé "non coupable" lors du procès et se sont plaints d’avoir fait l’objet de violences et de mauvais traitements.

Reporters sans frontières demande à Hillary Clinton de soutenir la cause des défenseurs des droits de l’homme auprès de ses interlocuteurs et de bien vouloir aborder lors de sa visite la question de la libération des cyberdissidents emprisonnés dans ce pays, en évoquant en particulier les cas d’Abdeljalil Al-Singace et d’Ali Abdulemam. L’organisation demande que le droit à un procès équitable, dans le respect des droits de la défense, soit respecté.

Le Bahreïn figure à la 144e place sur 178 pays dans le classement mondial 2010 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, perdant 25 places par rapport à l’année précédente. Cette chute s’explique notamment par les cas graves d’emprisonnement et de procès, en particulier contre les blogueurs et les net-citoyens, et l’attitude liberticide du gouvernement.

Plusieurs milliers de sites sont actuellement bloqués dans le pays. Début 2009, la ministre de la Culture, Sheikha Mai Bint Mohammed Al-Khalifa, membre de la famille royale, avait lancé une “campagne contre la pornographie” sur Internet qui s’était soldée par la fermeture de 1040 sites. La politique de filtrage rigoureux touche en réalité tous les contenus d’ordre politique, religieux, considérés comme obscènes ou remettant en cause la dignité de la famille royale. Récemment, le leader de l’opposition, Abdul Wahab Hussein, a fait les frais de cette censure, voyant sa page Facebook bloquée.

Lors de son discours historique de janvier dernier, Hillary Clinton avait affirmé très clairement le soutien des Etats-Unis à la liberté d’expression et d’opinion sur Internet, déclarant que Washington avait la « responsabilité » de préserver cet « outil de développement économique et social ». Notre organisation espère aujourd’hui que la secrétaire d’Etat défendra ces principes auprès des autorités du Bahreïn.

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