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La répression continue dans les pays où les mouvements de contestation populaire s'intensifient

La répression continue dans les pays où les mouvements de contestation populaire s’intensifient

Publié le mercredi 20 avril 2011. Mis à jour le jeudi 5 mai 2011.
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YEMEN

Reporters sans frontières est très préoccupée par la vague de répression qui s’abat sur les journalistes au Yémen depuis le début du mouvement de protestation populaire. Au cours des derniers jours, des journalistes ont été arrêtés, des médias attaqués, des journaux confisqués.

Le 19 avril dans la soirée, les services de sécurité et de renseignements ont arrêté Ali Salah Ahmed à l’aéroport de Sanaa, alors qu’il rentrait d’un séjour en Allemagne. Le journaliste a été emmené de force dans un endroit inconnu. Cette arrestation serait liée au soutien d’Ali Salah Ahmed aux récentes manifestations populaires. Après avoir été démis de ses fonctions de directeur des programmes à la chaîne de télévision publique, il a travaillé pour la chaîne privée Suhail, considérée comme proche du parti d’opposition Islah. Cette chaîne satellitaire retransmet en direct des images sur les manifestations qui secouent le pays.

En outre, Mohammad Ahmed Al-Mohammadi, journaliste pour cette même chaîne et collaborateur pour l’hebdomadaire indépendant Al-Siha wa Al-Nas, a été enlevé par la Garde républicaine le 16 avril dernier au soir. Selon son frère, le journaliste avait reçu un appel téléphonique, le convoquant dans les locaux de la Garde républicaine. Depuis, sa famille est sans nouvelles de lui. Auparavant, le journaliste avait reçu des menaces de ces mêmes agents pour le forcer à démissionner de son poste au sein de Suhail, et à travailler comme informateur.

Des hommes armés ont pris d’assaut le bâtiment de la Fondation pour les médias (“Shoumou’ lil-Sahifa wa Al-I’lam) à Aden, le 18 avril au matin, et ont agressé plusieurs de ses employés.

Le même jour, la Garde républicaine a saisi les exemplaires du journal hebdomadaire indépendant Hadith Al-Madina à Sanaa, ainsi que la livraison destinée au gouvernorat de Taëz en raison d’un article écrit par le rédacteur en chef Fikri Qasim, intitulé “Moullah Ali Saleh”, qui commente ironiquement les propos du président yéménite sur la “mixité illégale entre les sexes” lors des manifestations anti-régime. Suite à ces déclarations du Président, des manifestations ont été organisées dans le pays, au cours desquelles de nombreuses femmes écrivains ont été prises à partie, ainsi que le correspondant du site d’informations Imanat, Hamdi Radman.

Le 15 avril dernier, d’après le Comité de protection des journalistes, les forces de sécurité avaient déjà saisi des exemplaires des quotidiens indépendants Akhbar Al-Youm, Al-Oula et Al-Shari’. Le chauffeur acheminant les journaux aurait été agressé.

Le rédacteur en chef du site d’information www.syonpress.com, basé dans le gouvernorat d’Hadramaout, Abdallah Mukarim, a reçu des menaces de mort dans la matinée du 17 avril, suite à la publication sur le site d’un article sur les pratiques de corruption dans la province.

Le 15 avril dernier, des individus ont agressé et menacé Hamoud Al-Hashemi, journaliste du quotidien indépendant Al-Oula, en raison de sa couverture des manifestations dans la province de Taëz.

SYRIE

Reporters sans frontières a obtenu des informations relatives à la mise en examen du journaliste et écrivain Fayez Sara et du blogueur Kamal Sheikhou. L’organisation demande l’abandon des charges qui pèsent contre eux et contre l’ensemble des personnes arrêtées. Leur libération doit être immédiate et inconditionnelle.

Fayez Sara, arrêté le 11 avril dernier à Damas, a été mis en examen par le tribunal de première instance de Damas pour “atteinte au prestige de l’Etat”, “diffusion d’informations mensongères dans le but d’affaiblir le moral de la nation”, “d’influencer les luttes confessionnelles et raciales et de perturber la pureté de la nation”, conformément aux articles 285, 286 et 307 du code pénal.

Le blogueur Kamal Hussein Sheikhou, arrêté lors des manifestations devant le ministère de l’Intérieur le 15 mars dernier, est poursuivi pour les mêmes motifs que ceux précédemment invoqués par les autorités suite à son arrestation en juin 2010.

Sont toujours détenus de manière arbitraire : le journaliste algérien qui travaille pour France culture, Khaled Sid Mohand, arrêté le 9 avril 2011 et le journaliste norvégien, d’origine syrienne, Mohamed Zaid Mistou. On est toujours sans nouvelles des journalistes Akram Abu Safi et Sobhie Naeem Al-Assal. De nombreux journalistes se mobilisent, en France, pour demander la libération de Khaled Sid Mohand (voir page Facebook : http://www.facebook.com/home.php?sk=group_149193425148628)

IRAK

Un attentat impliquant deux voitures piégées, et qui visait l’entrée à la Zone verte à Bagdad, le 18 avril 2011, a coûté la vie à Abdul Rahman Kubaisi, à 8h30, alors qu’il se rendait à son travail. Il était un des employés du bureau de la chaîne satellitaire privée Bagdad TV dans la capitale. “Toutes nos condoléances vont à sa famille et à ses proches”, a déclaré Reporters sans frontières, qui demande aux autorités de mettre tout en oeuvre afin de retrouver et traduire en justice les auteurs de cet attentat.

BAHREIN

Selon Human Rights Watch, des grenades lacrymogènes ont été lancées contre la maison du président du Bahrain Center for Human Rights, Nabeel Rajab, dans la nuit du 17 au 18 avril dernier. S’il n’y a eu aucun blessé, la mère du militant, âgée de 78 ans et souffrant d’une maladie respiratoire, a été profondément choquée. Nabeel Rajab avait été accusé, le 10 avril 2011, d’avoir falsifié des photos montrant le corps torturé d’un manifestant mort en détention.

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