Reporters sans frontières

Un journaliste accusé de “haute trahison” risque la réclusion à perpétuité

Un journaliste accusé de “haute trahison” risque la réclusion à perpétuité

Publié le jeudi 5 juillet 2012.
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Reporters sans frontières exprime sa colère face à l’escalade en cours dans le harcèlement judiciaire subi par le défenseur des droits de l’homme et rédacteur en chef du journal Tolishi Sado (la voix des Talysh), Hilal Mammedov, arrêté le 21 juin 2012 et qui risque aujourd’hui la réclusion à perpétuité.

“Nous sommes absolument outrés par les nouveaux chefs d’inculpation retenus contre Hilal Mammedov, et par la gravité de la peine qu’il encourt. Ceci est une aberration totale qui témoigne de l’exacerbation des tensions entre les services secrets iraniens et azéris. Les enchères doivent cesser. Il est inadmissible que les journalistes et les activistes continuent d’être ainsi pris en tenaille. Nous demandons à ce que Hilal Mammedov soit relâché dans les plus brefs délais”, a déclaré Reporters sans frontières.

Hilal Mammedov est en détention depuis le 21 juin 2012, date à laquelle il avait été arrêté et inculpé pour “trafic de stupéfiants à grande échelle”, d’après l’article 234.4.3 du code pénal de la République d’Azerbaïdjan.

Dans une déclaration conjointe datant du 4 juillet, le ministre de l’Intérieur et le Procureur général ont communiqué les résultats d’une enquête accusant Hilal Mammedov d’”espionnage”. D’après le rapport, ce dernier aurait été recruté en 1992 par un officier des services de renseignement iraniens, Abdol Ali oglu Hamzayev, afin de récolter et de lui transmettre des informations.

Désormais inculpé de “haute trahison” sous l’article 274 du code pénal et d’“incitation à la haine nationale, raciale, sociale ou religieuse” selon l’article 283.2.2, il risque la prison à perpétuité et la confiscation de tous ses biens matériels. Il est officiellement accusé d’avoir “secrètement coopéré avec les services secrets iraniens” et de “mener des activités nuisibles à la souveraineté, la sécurité nationale et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan”.

Son dossier a été transféré au département du Parquet général en charge des “crimes graves”. Il a été remis à une équipe d’enquêteurs, issus du parquet, du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Sécurité nationale.

En 2008, un journaliste de la même publication, Novruzali Mamedov, avait été été condamné à dix ans de prison pour “espionnage” et “incitation à la haine ethnique”. A 68 ans, il avait été déclaré mort à l’hôpital de la prison de Bakou, après avoir été torturé, en août 2009.

Des charges similaires d’espionnage ont été par ailleurs prononcées, le même jour, contre les deux jeunes écrivains et journalistes azerbaïdjanais Farid Huseyn et Shahriyar Hajizade, détenus depuis plusieurs semaines en Iran. D’après l’article 502 du code pénal de la République islamique d’Iran, ils risquent de un à cinq ans de prison.

Enlevés le 2 mai 2012 à Tabriz (nord de l’Iran) alors qu’ils revenaient d’une conférence de presse à Téhéran, ils avaient d’abord été portés disparus jusqu’à ce que les autorités communiquent sur leur arrestation, près d’un mois et demi plus tard.

Photo : http://www.mediaforum.az

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