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RSF condamne l'interpellation brutale de journalistes et d'activistes de premier plan

RSF condamne l’interpellation brutale de journalistes et d’activistes de premier plan

Publié le mardi 29 janvier 2013. Mis à jour le jeudi 31 janvier 2013.
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Reporters sans frontières (RSF) exprime sa profonde indignation face à la brutale interpellation de journalistes et de net-citoyens de premier plan, en marge d’une manifestation à Bakou (capitale), le 26 janvier 2013.

« Le régime d’Ilham Aliev n’en finit pas de démontrer son mépris pour les libertés fondamentales, a déploré Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation. La brutalisation intolérable de figures de premier plan de la lutte pour les droits de l’homme et la liberté de l’information, revêt de toute évidence un caractère démonstratif et de vengeance personnelle. Les autorités cherchent à juguler et décourager la parole critique en faisant taire ceux-là même qui dénoncent régulièrement la triste situation des droits de l’homme dans le pays. »

« Quelques jours seulement après le rejet, par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, d’une résolution sur les prisonniers politiques en Azerbaïdjan, ce nouveau coup porté à la société civile témoigne du profond sentiment d’impunité des autorités azerbaïdjanaises. Il est urgent que la communauté internationale se ressaisisse et fasse comprendre à Bakou que de tels agissements sont incompatibles avec son appartenance au Conseil de l’Europe, à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et son association avec l’Union européenne (UE). »

Une centaine de manifestants ont été interpellés lors de la dispersion d’une manifestation à Bakou, le 26 janvier 2013. Ils entendaient protester contre la violente répression, quelques jours auparavant, d’une émeute à Ismailly, à 200 kilomètres de la capitale.

Outre des militants de mouvements d’opposition tels que le Front populaire, Musavat et NIDA, parmi les personnes interpellées figuraient les célèbres journalistes Khadija Ismaïlova et Chahveled Tchobanoglu, les blogueurs Emin Milli, Zaur Gurbanli, Bakhtiyar Hadjiyev, ainsi que les journalistes et défenseurs des droits de l’homme de la région du Nakhitchevan, Malahat Nasibova et Ilgar Nasibov. D’autres journalistes ont également été interpellés, comme le directeur du site d’information Telebe.az, Mursel Aliev, et le correspondant du portail 1news.az, Zaur Rasulzadeh. Gilets d’identification et cartes de presse n’ont aucunement empêché les policiers en civil de disperser violemment d’autres professionnels des médias qui couvraient l’événement.

La brutalité des forces de l’ordre n’a pas faibli une fois la manifestation dispersée. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène à l’intérieur du véhicule qui conduisait au commissariat une trentaine de personnes, dont Malahat Nasibova et Ilgar Nasibov. Les fenêtres étant fermées, de nombreuses personnes se sont senties mal, y compris le chauffeur, qui a occasionné un accident. Une ambulance a dû être appelée au commissariat numéro 37 du district de Khatai, où les personnes appréhendées ont été placées en garde à vue pendant quatre heures. D’autres manifestants ont été conduits aux commissariats des districts de Nasimi et de Sabail.

La plupart ont été libérés avec un avertissement verbal. Mais des sanctions ont été prononcées contre les plus connus, en vertu de la nouvelle législation sur les manifestations illégales, inspirée de l’exemple russe. Le blogueur Emin Milli a été incarcéré pour 15 jours, ainsi que trois militants d’opposition. Bakhtiyar Hadjiyev a été condamné à une amende de 600 manats (environ 570 euros), Khadija Ismaïlova à 400 manats (environ 380 euros).

Un certain nombre de ces journalistes et activistes étaient intervenus devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, la semaine dernière, pour témoigner de la situation des libertés publiques en Azerbaïdjan. La séance s’était close le 23 janvier par l’adoption d’une résolution sur la situation des droits de l’homme dans le pays, une bonne nouvelle largement temporisée par le rejet d’une résolution spécifique sur les prisonniers politiques.

Allez plus loin : rejoignez le groupe "Support Azerbaijani Activists in Administrative Detention" sur Facebook !

(Photo : AFP / Tofik Babayev)

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