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Anar Bayramli remis en liberté

Anar Bayramli remis en liberté

Publié le vendredi 28 décembre 2012.
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Anar Bayramli a été remis en liberté en vertu d’un décret présidentiel du 26 décembre 2012, amnistiant 87 condamnés à l’occasion du Nouvel An. Correspondant en Azerbaïdjan de plusieurs médias iraniens critiques à l’égard du régime de Bakou, le journaliste avait été arrêté en février dernier pour « possession de drogue ». Il était censé recouvrer la liberté en février 2013.


02.08.2012 - La peine d’Anar Bayramli réduite de moitié en appel

La cour d’appel de Bakou, qui étudiait le 2 août 2012 le recours d’Anar Bayramli contre sa condamnation à deux ans d’emprisonnement (voir ci-dessous), a décidé de réduire la sentence de moitié. Le journaliste devrait donc recouvrer la liberté en février 2013.

« Ce verdict en demi-teinte est une fausse bonne nouvelle, a déclaré Reporters sans frontières. Il témoigne plutôt de l’embarras du jury face à un dossier qui sert clairement de monnaie d’échange dans l’escalade diplomatique entre Bakou et Téhéran. La pression internationale et de la société civile ne doit pas se relâcher, jusqu’à ce que le journaliste soit remis en liberté et bénéficie d’un procès véritablement équitable ».

Anar Bayramli est correspondant en Azerbaïdjan de plusieurs médias iraniens, très critiques à l’égard du régime de Bakou et faisant la propagande de la République islamique. Arrêté en février 2012, il a été reconnu coupable de « possession de drogue » en juin de la même année.


11.06.2012 - Un correspondant de médias iraniens condamné à deux ans de prison

Le 11 juin 2012, Anar Bayramli a été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement pour « possession de drogue ». Le correspondant des médias iraniens Fars News et Sahar TV, très critiques des autorités azerbaïdjanaises, était en détention provisoire depuis son arrestation, en février dernier (voir ci-dessous). Son procès a été marqué par des témoignages contradictoires et un non-respect des droits de la défense, dans un contexte de grande tension entre l’Azerbaïdjan et son voisin iranien.

Le chauffeur de la télévision iranienne Ramil Dadashov, arrêté en même temps que M. Bayramli, avait été remis en liberté le 16 mai. Les raisons pour lesquelles il a été détenu pendant trois mois demeurent floues.


21.02.2012 - « L’Azerbaïdjan et l’Iran doivent cesser de prendre la presse en otage dans leur affrontement diplomatique »

Reporters sans frontières exige des explications quant à l’arrestation du correspondant de médias iraniens Anar Bayramli et du chauffeur de la télévision iranienne Ramil Dadashov.

« Les autorités azerbaïdjanaises ne sortiront pas grandies d’un rapprochement avec les méthodes de la République islamique d’Iran. Si elles ont évidemment le devoir de défendre la sécurité nationale, il est intolérable que leur paranoïa les conduise à utiliser les prétextes les plus divers pour museler la presse étrangère et critique – quand bien même celle-ci se livrerait à la propagande. MM. Bayramli et Dadashov doivent immédiatement être remis en liberté conditionnelle et bénéficier d’un procès équitable. Le recours à l’accusation absurde de possession de drogue, hélas, n’en montre pas le chemin », a déclaré l’organisation.

Citoyen azerbaïdjanais âgé de 31 ans, Anar Bayramli est correspondant de plusieurs médias officiels iraniens, dont l’agence Fars News et Sahar TV. Il a été interpellé à son domicile de Bakou (capitale) le 17 février 2012 vers 18 heures. D’après son frère, Eldar Bayramli, les policiers se sont présentés sans aucun mandat. Aux dernières nouvelles, l’avocat du journaliste, Anar Gasimli, n’avait toujours pas pu rencontrer son client, ni obtenir des informations officielles sur les accusations retenues contre lui. Anar Bayramli a été transféré à la prison de Kurdakhani.

La police du district de Binagadi (Bakou) a déclaré que le journaliste avait été arrêté en possession de 3,87 grammes d’héroïne et qu’il avait opposé de la résistance aux officiers venus l’arrêter. Pourtant, d’après son frère, Anar Bayramli ne s’est jamais drogué, il était très calme et a suivi les policiers sans résister. Le journaliste aurait été convoqué au commissariat à plusieurs reprises au cours des vingt derniers jours, et aurait subi des interrogatoires sur son appartenance politique.

Ramil Dadashov, chauffeur pour la télévision iranienne, a également été arrêté le 17 février 2012 à Soumgaït (banlieue de Bakou). Très peu d’informations ont filtré sur les raisons de son interpellation.

La tension diplomatique entre l’Azerbaïdjan et son voisin iranien a fortement gagné en intensité ces derniers mois. Les deux pays sont opposés par des différends territoriaux et par des intérêts géostratégiques liés au parcours d’importants oléoducs. Téhéran accuse Bakou d’instrumentaliser la forte minorité azéri vivant dans le nord de l’Iran, tandis que les autorités azerbaïdjanaises ont intensifié leur répression contre les milieux religieux, qu’elles accusent de collusion avec la République islamique.

Plusieurs dizaines de cadres de partis islamistes et de simples pratiquants ont été arrêtés en Azerbaïdjan ces dernières semaines, dans la dernière d’une série de rafles opérées depuis l’été dernier. Bakou a également accusé l’Iran d’être derrière une vague de cyberattaques dirigées contre des sites officiels azerbaïdjanais en janvier 2012.

La presse, dont une partie contribue à entretenir la paranoïa, paie un lourd tribut à cet affrontement. Plusieurs journalistes iraniens sont toujours détenus pour « relations avec des étrangers » et « publicité contre le régime », comme le collaborateur du journal en langue azérie Yarpagh, Said Matinpour. Côté azerbaïdjanais, Ramin Bayramov, rédacteur en chef du site d’information islam-azeri.az, a été arrêté en juillet 2011 pour « détention d’armes et de drogue » et se trouve toujours en prison à Bakou.

Sahar TV est la chaîne de télévision satellitaire diffusant la propagande de Téhéran à l’étranger depuis 1997. Très critique à l’égard du régime azerbaïdjanais, elle dépend de la radio-télévision de la République islamique d’Iran (IRIB). La possession de drogues est un prétexte régulièrement utilisé par la justice azerbaidjanaise dans des affaires montées de toutes pièces, comme dans le cas du journaliste Eynulla Fatullaïev.

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