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Les régimes communistes asiatiques toujours au dernier rang

Les régimes communistes asiatiques toujours au dernier rang

Publié le mercredi 20 octobre 2010.
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Les quatre régimes communistes d’Asie, la Corée du Nord (177e), la Chine (171e), le Viêt-Nam (165e) et le Laos (168e), se trouvent dans les quinze derniers pays du classement mondial de la liberté de la presse 2010. Juste devant l’Érythrée, la Corée du Nord, enfer totalitaire, n’a connu aucune amélioration. Bien au contraire, dans un contexte de succession engagée par Kim Jong-il en faveur de son fils, la répression s’est faite encore plus implacable. La Chine, malgré le dynamisme des médias et d’Internet, reste en mauvaise position, en raison de la censure et de la répression incessantes, notamment au Tibet et au Xinjiang. Au Laos, ce n’est pas tant la répression qui plombe ce petit pays d’Asie du Sud-Est, mais le contrôle politique du parti unique sur tous les médias. En revanche, au Viêt-Nam, le Parti communiste, qui doit bientôt tenir son Congrès, par sa chasse ouverte contre la liberté de parole, est responsable de ce classement plus que médiocre.

Parmi les trente derniers pays du classement de Reporters sans frontières, on retrouve dix nations asiatiques, notamment la Birmanie, où la junte militaire a décidé que le système de censure préalable sera maintenu malgré la tenue des élections générales de novembre.

L’Inde et la Thaïlande chutent en raison de graves violences

La violence politique a conduit à des dégringolades très préoccupantes. La Thaïlande (153e), où deux journalistes ont été tués et plus d’une quinzaine d’autres blessés en couvrant la répression par l’armée du mouvement des "chemises rouges" à Bangkok, a perdu 23 places. Tandis que l’Inde se retrouve à la 122e place (- 17 rangs) en raison notamment de violences très graves au Cachemire. Les Philippines perdent 34 places suite au massacre de plus de trente reporters par les partisans d’un gouverneur de l’île de Mindanao. Malgré quelques procès de meurtriers de journalistes, l’impunité y prévaut. En Asie du Sud-Est également, l’Indonésie (117e) n’arrive pas à passer en dessous de la barre symbolique des 100 premiers, malgré le développement remarquable des médias. Deux journalistes y ont été tués et plusieurs autres menacés de mort, notamment pour des reportages sur l’environnement. La Malaisie (141e), Singapour (136e) et le Timor-Leste (93e) sont à la baisse. En résumé, la répression ne s’est pas apaisée dans les pays de l’ASEAN, malgré l’adoption récente d’une Charte sur les droits de l’homme.

En Afghanistan (147e) et au Pakistan (151e), les groupes islamistes armés portent une très grande responsabilité dans le piteux classement de leur pays. Les attentats-suicides et les enlèvements rendent l’exercice du métier de journaliste de plus en plus risqué dans cette zone d’Asie du Sud. Mais l’Etat n’est pas en reste avec des arrestations parfois aux allures de kidnappings visant des journalistes d’investigation.

Les démocraties asiatiques gagnent des places

Les pays d’Asie-Pacifique peuvent aussi se montrer exemplaires. La Nouvelle-Zélande est dans les dix premiers, et le Japon (11e), l’Australie (18e) et Hong Kong (34e) sont bien placés. Deux autres démocraties asiatiques, Taïwan et la Corée du Sud, ont regagné plusieurs places, respectivement 11 et 27, après des dégradations notables dans le classement 2009. Même si des problèmes persistent, comme celui de l’indépendance éditoriale des médias publics, les arrestations et les violences ont cessé.

Des pays en développement tirent également leur épingle du jeu, notamment la Mongolie (76e) ou les Maldives (52e). Les autorités se montrent généralement respectueuses de la liberté de la presse, avec par exemple, une décriminalisation des délits de presse aux Maldives.

On peut noter, dans ce classement, des améliorations en trompe-l’œil. Les Fidji (149e) gagnent trois places, bien que le gouvernement ait fait passer une nouvelle loi liberticide sur la presse. L’année 2009 avait été tellement dramatique avec la présence de militaires dans les rédactions, que l’année 2010 ne pouvait être qu’un peu plus tranquille. Le Sri Lanka (158e) gagne quatre places, car on y recense moins d’incidents, mais la capacité des médias à s’imposer comme un contre-pouvoir tend à s’amenuiser, en raison de l’exil de dizaines de journalistes.

Dans ce classement des violations de la liberté de la presse, l’Asie est, cette année encore, mal placée. Quand la presse est libre, elle doit trop souvent affronter la violence d’acteurs non étatiques. Quand elle vit sous la coupe d’un régime autoritaire, elle est contrainte à la censure et à l’autocensure. C’est pour avoir dénoncé cette situation que l’intellectuel chinois Liu Xiaobo a été condamné à onze ans de prison. Un combat qui a heureusement été récompensé par le prix Nobel de la paix. Un espoir nouveau en Asie-Pacifique.

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