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Amende dérisoire demandée à un ministre coupable d'agression

Amende dérisoire demandée à un ministre coupable d’agression

Publié le mardi 12 juillet 2011.
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Reporters sans frontières déplore la sentence du tribunal de Port Vila, dans la République de Vanuatu, qui a condamné, le 8 juillet 2011, le ministre des Infrastructures et des Services publiques, Harry Iauko, à payer une amende de 15 000 vatu (environ 120 euros), après avoir été jugé coupable d’agression sur le journaliste Marc Neil-Jones, directeur de publication du quotidien Vanuatu Daily-Post.

"Il est inacceptable qu’un ministre, responsable d’une agression sur un journaliste trop critique à son égard, écope d’une peine aussi légère. L’amende ne répond pas à la gravité des actes commis et envoie un signal préjudiciable à tous les journalistes. Nous demandons à la justice du Vanuatu de revoir cette condamnation car nous considérons que le maintien de ce jugement constituerait un encouragement à l’auto-censure", a déclaré Reporters sans frontières.

Le 4 mars 2011, alors qu’il se trouvait à son bureau, dans les locaux du quotidien, Marc Neil-Jones a été attaqué par sept hommes non-identifiés et le ministre Harry Iauko. Selon le journaliste, le jour de l’agression, le Ministre l’aurait accusé d’écrire de "mauvaises choses" à son encontre, faisant référence à une série d’articles sur la mauvaise gestion du territoire par le ministre des Infrastructures et des Services publiques et sur des malversations de la compagnie aérienne Airports Vanuatu Ltd., proche du gouvernement.

Sept autres hommes, impliqués dans cette attaque, ont reçu des amendes pour cette agression, allant jusqu’à 1000 dollars.


Le directeur des publications du Vanuatu Daily-Post, attaqué par le ministre des Infrastructures et des services publics

07-03-2011

Marc Neil-Jones, directeur des publications du journal Vanuatu Daily-Post, a été sauvagement attaqué dans son bureau, le vendredi 4 mars 2011, à Port Vila, capitale de la République de Vanuatu. Le ministre des Infrastructures et des services publics, Harris Iauko, serait acteur et commanditaire de cette agression.

Reporters Sans Frontières dénonce des menaces et des actes de violence inacceptables à l’encontre d’un journaliste qui ne faisait qu’exercer sa profession. L’organisation met en garde le Premier ministre, Sato Kilman, dont la crédibilité serait remise en question s’il laissait l’impunité s’installer dans cette affaire. Reporters sans frontières appelle les autorités à mener une enquête exhaustive, dans les meilleurs délais, et le Premier ministre à tout mettre en œuvre pour en faciliter les avancées. Dans le cas contraire, il se rendrait complice des violences exercées par un membre de son gouvernement.

Marc Neil-Jones a été sauvagement agressé dans son bureau par huit hommes. Attaqué par derrière, le journaliste n’a pas pu identifier les individus qui l’ont roué de coups. Il a cependant reconnu le ministre des Infrastructures et des services publics, Harris Iauko, qui l’a accusé d’écrire de "mauvaises choses" sur son compte. Dans une série d’articles, Marc Neil-Jones avait dénoncé la mauvaise gestion du territoire du ministre et des malversations de la société Airports Vanuatu Limited, pilier de l’aviation sur l’île, proche du gouvernement.

Après avoir laissé le journaliste à terre, inconscient, Harris Iauko s’en est pris à Royson Willie, responsable des publications l’île de Tanna (Vanuatu) et l’a menacé à son tour : « Tu veux que je te casse la gueule ? ».

Neil-Jones a porté plainte contre le ministre. Il a affirmé dans sa déposition, le 5 mars 2011 : « Je ne connais aucun pays où un ministre resterait longtemps à son poste après être entré dans un journal national avec une bande de voyous employés par le ministère et avoir attaqué le journaliste d’un quotidien parce qu’il n’aimait par les critiques, pourtant valides, qu’il avait publiées et qui sont partagées par un grand nombre de médias et d’organisations, dont Transparency International ». Jusqu’à présent, aucun suspect n’a été arrêté.

Marc Neil-Jones avait déjà été attaqué deux ans plus tôt, le 17 janvier 2009, par quatre policiers du Service correctionnel (Correctional Service). Les exécutants ont été arrêtés mais l’enquête n’est jamais remontée aux commanditaires présumés.

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