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Médias bloqués, sites inaccessibles : “L'état d'urgence doit être levé”, selon Reporters sans frontières

Médias bloqués, sites inaccessibles : “L’état d’urgence doit être levé”, selon Reporters sans frontières

Publié le mercredi 5 mars 2008.
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Le 1er mars 2008, à la suite d’affrontements à Erevan, le président de la République, Robert Kotcharian, a instauré l’état d’urgence dans la capitale, pour vingt jours. Une décision qui entrave l’activité des médias, dont certains ont cessé de paraître ou sont devenus inaccessibles.

" L’instauration de l’état d’urgence à Erevan pèse lourdement sur l’activité des médias. Cette décision autoritaire est de nature à renforcer le sentiment d’une partie de la population quant à l’absence de réelle liberté d’expression dans le pays. Nous appelons les autorités à lever l’état d’urgence pour permettre la reprise d’une activité normale des médias et à enquêter sur les conditions dans lesquelles la force a été utilisée lors des affrontements qui ont fait huit morts et plus de 130 blessés ", a déclaré Reporters sans frontières.

Selon les informations recueillies par l’organisation, en plus des restrictions prévues par l’état d’urgence - tous les médias sont tenus, dans leur couverture de la situation intérieure, de ne diffuser que les informations officielles - plusieurs sites d’informations sont devenus inaccessibles. Leur provider, Arminco Ltd, sur décision des services de sécurité, ne permet plus leur consultation. Il s’agit notamment du site de l’agence A1+ (www.a1plus.am), du journal d’opposition Haykakan Jamanak. (www.azatutyun.am), mais aussi de celui du quotidien Aravot (www.aravot.am). Les programmes de Radio Free Europe, seule radio étrangère émettant en arménien, ont été remplacés par de la musique et le site de la station est également inaccessible.

Quelques quotidiens favorables au gouvernement ont continué de paraître. Il s’agit de Azg, Hayastani Hanrapetutyun et Hayots Ashxar. L’un des titres les plus populaires, Aravot, était absent des kiosques, le 4 mars. Il avait déjà envoyé sa maquette à l’imprimerie pour publication, quand celle-ci a été interdite par les services de sécurité. En signe de protestation, la rédaction a décidé de n’imprimer que des pages blanches. Ce geste de défiance a également été empêché. D’autres titres tels que Haykakan Jamanak et 168 Zham, n’ont pas non plus été publiés.

A Gyumri, deuxième ville du pays (125 kms au nord d’Erevan), une plainte a été déposée contre Levon Barseghyan, président du club des journalistes “Asparez“. Il est accusé d’avoir organisé des rassemblements illégaux, ce qu’il a démenti. Ses déclarations sont appuyées par plusieurs témoins. Son procès devrait débuter dans les prochains jours.

Dans cette même ville, au moins trois journalistes ont eu maille à partir avec la police. Satenik Vantsyan correspondante de Radio Free Europe, a reçu des coups de la part de policiers. Nune Arevshatyan, de Aravot, a été malmenée par les forces de l’ordre et privée de son appareil photo. Le 2 mars, Armine Vardanyan, de la télévision locale Gala TV, a été interpellée pendant qu’elle tournait un reportage et son matériel, comprenant les images tournées juste avant son arrestation, lui a été confisqué.

De nombreux professionnels des médias dénoncent la directive qui interdit la diffusion d’information non officielle tant la définition en est imprécise. Tout cela complique leur activité. De ce fait, lorsque les journalistes interviewent, par exemple, des membres du gouvernement, ils se trouvent dans l’incapacité de savoir si cette information est publiable ou non.

Les chaînes de télévision sont particulièrement surveillées. Les reportages et les informations consacrés à l’actualité nationale diffusés sont en fait transmis par les officiers de presse de la police. Il en résulte une uniformité des images, mais aussi des analyses et des commentaires.

Le 1er mars 2008, à la suite d’affrontements à Erevan entre les forces de l’ordre et les manifestants contestant le résultat de la récente élection présidentielle, le président de la République, Robert Kotcharian, a signé un décret instaurant l’état d’urgence dans la capitale pour vingt jours.

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