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Mobilisation prévue après les menaces de narcotrafiquants contre deux journalistes de la province de Salta : “L'enquête doit s'accélérer”

Mobilisation prévue après les menaces de narcotrafiquants contre deux journalistes de la province de Salta : “L’enquête doit s’accélérer”

Publié le mardi 4 octobre 2011.
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Citoyens, mouvements sociaux et politiques et organisations professionnelles de la municipalité de San Miguel de Nueva Orán (province de Salta, Nord), comptent manifester ce 6 octobre, contre la menace du narcotrafic récemment subie par deux journalistes locaux. Tout en se félicitant de la protection policière octroyée à Gloria Seco et Claudio Ruiz ainsi qu’à leur média, Reporters sans frontières attend également des progrès rapides de l’enquête.

“Nous saluons la réaction des autorités devant le risque encouru par les deux collègues de la station Radio Ciudad 99.5. Le crime organisé en général et les cartels de la drogue en particulier représentent aujourd’hui la première source de danger physique pour les journalistes. La protection policière était impérative et urgente. Elle doit demeurer tant que cette affaire de menaces n’aura pas été résolue. L’enjeu de l’enquête dépasse le seul cas des deux victimes : la volonté politique et judiciaire doit répliquer au danger narco. C’est à ce titre que nous nous joignons à l’appel des citoyens de San Miguel de Nueva Orán”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Ici tout le monde sait qu’il y a des narco qui entrent en prison, y restent une semaine et en sortent la suivante comme s’il ne s’était rien passé”, nous a confié Gloria Seco, qui codirige avec son collègue Claudio Ruiz le programme “Arriba todo el mundo” (“Debout tout le monde”), diffusé en matinée du lundi au vendredi à l’antenne de Radio Ciudad. Comme l’a révélé le Forum du journalisme argentin (FOPEA), les deux journalistes avaient invité en studio, le 27 septembre dernier, le juge fédéral local Raúl Reinoso à débattre de la question du commerce illégal de drogue à San Miguel de Nueva Orán. Invité par le magistrat à donner un nom, les journalistes avaient alors cité celui d’un narcotrafiquant connu dans la région.

“Nous lui avons donné le nom de ce narco mais ce n’était en rien une nouveauté. Orán compte environ 180 points de vente de drogue”, a précisé Gloria Seco à Reporters sans frontières. Quelques minutes à peine après l’interview du magistrat, l’appel téléphonique d’un individu menaçant de mort les deux collègues était parvenu à la rédaction de Radio Ciudad. Trois jours plus tôt, un inconnu s’était présenté au domicile d’un ami de Gloria Seco pour l’avertir que des coups de feu seraient tirés la nuit même contre le domicile de cette dernière. “Le type a dit qu’il enverrait une camionnette pour que l’on mitraille ma maison et c’est effectivement ce qui est arrivé, sauf qu’il n’ont pas tiré parce que la porte était gardée”, nous a expliqué la journaliste, qui avait pris soin de dénoncer tout de suite la menace à la police. Outre les domiciles de Gloria Seco et Claudio Ruiz, le siège de Radio Ciudad fait également l’objet, depuis, d’une surveillance policière.

Si l’Argentine demeure assez bien noté en matière de sécurité des journalistes sur le continent, Reporters sans frontières rappelle que le crime organisé n’épargne aucun pays et qu’aucune presse, fût-elle locale ou nationale, ne peut se considérer à l’abri du risque. L’organisation l’a d’ailleurs constaté lors d’une récente mission au Paraguay et à la frontière nord de l’Argentine.

Lire également le rapport thématique de Reporters sans frontières, “Crime organisé, main basse sur l’information”.

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