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Deux journalistes assassinés à une semaine d’intervalle

Publié le mardi 18 juillet 2006.
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Reporters sans frontières condamne avec énergie les assassinats d’Augusto Pedro, correspondant du quotidien Jornal de Angola (public) dans la province de Bengo (Ouest), et de Benicio Wedeinge, directeur de la chaîne de télévision publique TPA dans la province de Cunene (Sud).

“Nous sommes extrêmement peinés par ces deux crimes. La situation de la presse s’est pourtant considérablement améliorée depuis la fin de la guerre civile en 2002 et le président José Eduardo Dos Santos a annoncé sa volonté de libéraliser le paysage médiatique. La tenue prochaine des premières élections générales depuis quinze ans est un signe très positif pour la démocratisation du pays. Aussi, nous appelons les autorités à garantir aux journalistes, parfois victimes de menaces, un climat de travail serein, en faisant tout d’abord la lumière sur ces deux assassinats”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 8 juillet dernier, dans une station-service de l’avenue Deolinda Rodrigues, à Luanda, Augusto Sebastiao Domingos Pedro a été battu à mort à la suite d’une altercation avec un conducteur du nom de Bento Valente. Le journaliste était âgé de 40 ans et travaillait au Jornal de Angola, seul quotidien du pays, depuis 1997.

Le 16 juillet, c’était au tour de Benicio Wedeinge de trouver la mort. La nièce du journaliste, Ana Bela, rapporte que son oncle a été tué par deux coups de feux, tirés par un inconnu qui avait tenté de s’introduire au petit matin dans sa résidence d’Onjiva, capitale de la province de Cunene. Le criminel est toujours en fuite.

Ces deux assassinats rappellent tristement que l’Angola a été, dans les années 90, un pays particulièrement meurtrier pour les journalistes. Reporters sans frontières se joint au directeur du Jornal de Angola et au président du syndicat des journalistes angolais (SJA), Avelino Miguel, pour demander aux autorités l’ouverture d’une enquête. Selon M. Miguel, cette escalade de la violence participe d’une stratégie générale d’intimidation à l’égard des médias, à l’approche des élections promises par le gouvernement, mais dont la date n’a pas encore été fixée. La liberté de la presse en Angola est largement limitée par le quasi monopole de l’Etat sur l’information et les lois très strictes sur la diffamation.

Reporters sans frontières exprime ses condoléances aux familles des deux victimes.

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