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Après 33 jours de détention, le journaliste Armando Chicoca remis en liberté conditionnelle

Après 33 jours de détention, le journaliste Armando Chicoca remis en liberté conditionnelle

Publié le mardi 12 avril 2011.
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Reporters sans frontières est soulagée d’apprendre que le journaliste freelance Armando Chicoca, condamné en mars 2011 à un an de prison pour "diffamation, atteinte à la vie privée et au bon nom" du président de la cour de Namibe (sud de l’Angola), a été libéré le 7 avril dernier, après avoir versé une caution de 2500 dollars US. Le journaliste, contributeur pour la radio publique américaine Voice of America (VOA), Radio Ecclesia, et différents magazines angolais indépendants, a passé trente-trois jours derrière les barreaux. Il attend son jugement en appel devant le Tribunal Suprême.

A sa sortie de prison, Armando Chicoca a salué la mobilisation qu’a suscitée sa détention. "J’ai fini par bénéficier d’un traitement privilégié, comparé aux autres détenus. Et je me sens motivé de nouveau à poursuivre mon métier avec le même dévouement, le même élan et la même fermeté, sans rancœur", a-t-il confié à Reporters sans frontières.

Même si nous nous réjouissons de cette remise en liberté, Reporters sans frontières attend désormais que toutes les charges retenues contre Armando Chicoca soient abandonnées en appel. Le journaliste a agi en professionnel, en consultant le président du tribunal de Namibe avant de diffuser l’information considérée comme dérangeante. En première instance, la justice angolaise n’a pas tenu compte de cette dimension. Or, c’est pourtant un élément décisif pour déterminer si le journaliste est coupable de "diffamation" ou non.


09.03.2011 - Un an de prison pour un journaliste, des médias harcelés et censurés

Reporters sans frontières est choquée par les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les journalistes en Angola ainsi que par l’attitude de défiance que réserve le pouvoir à certains médias. Alors qu’un reporter a été condamné à un an de prison, plusieurs médias et journalistes ont récemment été menacés, malmenés ou censurés.

"La condamnation d’un journaliste à une peine privative de liberté, pour une affaire de diffamation qui n’est même pas avérée, est une honte pour l’Angola. Nous demandons que cette décision soit abandonnée en appel. Nous nous inquiétons que les autorités de Luanda contrôlent si étroitement la liberté d’expression et tentent parfois de museler des médias, en exerçant de fortes pressions sur les journalistes. Cette tendance s’est accentuée récemment alors que le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, parti au pouvoir) doit se réunir prochainement en congrès et que le gouvernement s’inquiète d’un possible effet de contagion des mouvements de protestation qui traversent le monde arabe", a déclaré l’organisation.

Un an de prison pour Armando Chicoca, un journaliste sous pression

Le journaliste freelance Armando Chicoca, contributeur pour la radio publique américaine Voice of America (VOA) et pour différents magazines angolais indépendants, a été condamné début mars à un an de prison pour "diffamation". Le 9 mars, l’avocat du journaliste, Maître David Mendès, qui n’avait pu assister à l’audience, fera appel de cette décision.

Actuellement écroué à la prison centrale de Namibe, dans le sud du pays, Armando Chicoca est poursuivi pour avoir recueilli et diffusé le témoignage de l’ancienne femme de ménage du président de la cour de Namibe, Antonio Vissandula, qui affirmait avoir été licenciée pour avoir refusé les avances sexuelles de son employeur.

En 2007, le journaliste avait passé 33 jours en prison pour avoir couvert des manifestations suite à la démolition d’un marché. Au début de l’année 2011, il a été victime de menaces de mort et son frère a été assassiné, en janvier dernier, dans des circonstances encore non élucidées.

Harcèlement, censure et menaces

Le 7 mars 2011, quatre journalistes de l’hebdomadaire Jornal Novo ont été interpellés à Luanda. Arrêtés place de l’Indépendance où ils couvraient une manifestation anti-gouvernementale, Pedro Cardoso, Afonso Francisco, Idálio Kandé et Ana Margoso ont été retenus pendant plusieurs heures par les forces de police. Tous les quatre ont été rudement traités par les policiers qui ont notamment forcé Ana Margoso à montrer tous les messages enregistrés dans son téléphone portable et à nettoyer sa cellule avant qu’elle ne soit relâchée.

Autre victime du harcèlement des autorités angolaises, l’hebdomadaire Folha 8 a été censuré. Au cours du week-end du 5 et 6 mars dernier, des agents de la sécurité d’Etat ont ordonné à l’imprimerie du journal de suspendre ses impressions. William Tonet (photo), le directeur du journal, est lui-même dans le collimateur des autorités depuis plusieurs années. En 2009, il avait été interdit de sortie du territoire.

Enfin, Reporters sans frontières a appris que, le 27 février dernier, deux jeunes journalistes de Radio Ecclesia ont été menacées de mort par des agents de la sécurité d’Etat. Zenina Volola et Matilde Vanda couvraient l’ouverture du Ve Congrès de l’Organisation de la femme angolaise (OMA), la branche féminine du MPLA. Les deux journalistes ont d’abord été déboutées par le secrétaire général du MPLA, Júlio Paulo ’Dino Matross’, qui leur a refusé une interview en affirmant "Je ne parle pas avec Ecclesia parce que vous nous maltraitez". Preuve du dénigrement et de la défiance du pouvoir vis-à-vis de ce média. Les journalistes ont ensuite été interceptées par des agents de la sécurité d’Etat qui leur ont réclamé leurs enregistrements. "Si vous tuez avec l’information, nous tuons avec les armes", leur ont-ils dit pour les intimider.

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