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Sommet UE/AL au Mexique : Cuba, lanterne rouge de la liberté de la presse des 58 Etats invités

Sommet UE/AL au Mexique : Cuba, lanterne rouge de la liberté de la presse des 58 Etats invités

Publié le jeudi 27 mai 2004.
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Reporters sans frontières demande aux chefs d’Etat présents à Guadalajara (Mexique) d’intervenir auprès de la délégation cubaine en faveur de la libération des 29 journalistes emprisonnés dans ce pays. L’organisation attire également l’attention sur la situation en Colombie, plus grand cimetière du continent pour la profession, et en Haïti, où l’espoir renaît.

Parmi les 58 Etats d’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Union européenne invités au Sommet de Guadalajara (Mexique), les 28 et 29 mai, Cuba fait figure de "lanterne rouge" de la liberté de la presse. Reporters sans frontières demande aux chefs d’Etat présents d’intervenir auprès de la délégation cubaine en faveur de la libération des journalistes emprisonnés dans ce pays. L’organisation formule également des recommandations à l’encontre de deux autres Etats participant au Sommet.

Avec 29 journalistes emprisonnés, dont 27 arrêtés lors du "printemps noir" de 2003, Cuba est aujourd’hui la plus grande prison du monde pour la presse. Dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières en octobre 2003, Cuba était classée avant-dernière (165e), devant la Corée du Nord.

Dans ce classement, Cuba était précédée de la Colombie (147e) et d’Haïti (100e), deux Etats également invités au Sommet. Alors que plusieurs Etats latino-américains sont mieux classés que certains pays européens, ce classement montre que le respect de la liberté de la presse n’est pas uniquement lié au développement économique. Ainsi, Trinité et Tobago (5e), la Jamaïque (21e) et l’Uruguay (25e) sont devant l’Italie (53e) et l’Espagne (42e). Il montre aussi que cette liberté n’est jamais acquise de façon définitive et doit être défendue partout.

Lire l’intégralité du classement

Cuba, Colombie, Haïti : plus grande prison, plus grand cimetière et… plus grand espoir pour les journalistes

A Cuba, l’information non contrôlée par les autorités est tout simplement interdite. En mars 2003, 75 dissidents ont été arrêtés. Parmi eux, 27 journalistes. Leur refus du contrôle gouvernemental sur l’information a été assimilé à un "acte contre l’indépendance de l’Etat". Ils ont été condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de prison. Avec deux de leurs collègues déjà détenus, Cuba est devenue la plus grande prison du monde pour les journalistes. Au pouvoir depuis 45 ans, le président Castro est considéré par Reporters sans frontières comme l’un des 37 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.

En Colombie, les prédateurs de la presse sont les mouvements armés : groupes paramilitaires et guérillas. Cinq professionnels de l’information ont été tués pour leur travail en 2003 et un journaliste a déjà été assassiné en 2004. La Colombie est aujourd’hui, pour la profession, le plus grand cimetière du continent. Une situation extrême qui s’explique par la totale impunité dont jouissent les assassins de journalistes. Avec l’adoption d’un statut antiterroriste qui remet en cause le secret des sources, le gouvernement apparaît à son tour comme une menace potentielle pour la presse.

En Haïti, le départ de Jean-Bertrand Aristide ouvre une nouvelle ère pour les médias qui étaient menacés, agressés et harcelés par les sbires du Président dès lors qu’ils le critiquaient. Pour les familles de Jean Dominique et Brignol Lindor, ce changement est synonyme d’espoir alors que des partisans de l’ancien Président sont mis en cause dans l’assassinat de ces deux journalistes. La mort, le 7 mars dernier, du journaliste espagnol Ricardo Ortega rappelle cependant que tout risque n’a pas disparu. Jean-Bertrand Aristide faisait partie des prédateurs de la presse dénoncés par Reporters sans frontières.

Recommandations

Reporters sans frontières demande aux Etats participant au Sommet de Guadalajara d’intervenir :

  • auprès de la délégation cubaine en faveur de la libération des journalistes emprisonnés à Cuba,
  • auprès des autorités colombiennes pour qu’elles fassent une priorité de la lutte contre l’impunité dont bénéficient les assassins de journalistes, afin que le droit à être informée de la société colombienne soit respecté,
  • auprès des autorités haïtiennes pour qu’elles fassent des affaires Jean Dominique et Brignol Lindor une priorité dans leur action pour rétablir l’Etat de droit.

Reporters sans frontières demande également aux 58 Etats présents à Guadalajara d’adopter un texte condamnant les groupes armés de Colombie pour leurs exactions contre la presse.

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