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“Crime organisé, main basse sur l'information” : un rapport d'enquête de Reporters sans frontières

“Crime organisé, main basse sur l’information” : un rapport d’enquête de Reporters sans frontières

Publié le jeudi 24 février 2011. Mis à jour le mercredi 28 mars 2012.
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Reporters sans frontières rend public, ce 24 février 2011, un rapport thématique consacré à la principale menace actuelle sur la liberté d’informer : le crime organisé.

Au cours de la décennie 2000, 141 journalistes ont perdu la vie pour avoir osé dénoncer l’emprise des gangs et l’économie parallèle. Dans le monde de l’après guerre froide, les principaux prédateurs de la presse ont pour nom les mafias, les cartels de la drogue mais aussi des groupes paramilitaires reconvertis dans la contrebande à grande échelle. Les mafias traditionnelles incarnées par Cosa Nostra ne sont plus les seuls visages de cette “pieuvre” aux dimensions transnationales, plus meurtrière pour les journalistes que les derniers régimes d’oppression ou les dictatures. Aucun continent n’est épargné.

Or, le crime organisé ne se résume pas au bilan sanglant d’organisations criminelles. Il renvoie à une réalité géopolitique et économique dont la presse a les plus grandes difficultés à rendre compte. Circuits financiers, blanchiment d’argent, vitrines légales, paradis fiscaux constituent la face à la fois invisible et omniprésente de l’activité mafieuse, que ne saurait interrompre l’arrestation d’un parrain ou d’un baron de la drogue. Danger physique pour les journalistes, le crime organisé met à mal la capacité d’investigation de la presse en général. Enfin, le terrain de la communication constitue aussi un enjeu stratégique pour des groupes criminels qui, loin de vouloir renverser les structures des sociétés, veulent au contraire les infiltrer et s’en servir.

Avec le concours de ses correspondants locaux, et le témoignage de journalistes et d’observateurs des médias de tous les continents, Reporters sans frontières a voulu rendre compte des obstacles et des défis que posent le crime organisé à la presse, souvent réduite à traiter de la question sous l’angle du fait-divers, parfois obligée de compter ses morts.

Le constat s’impose à la lumière de ce document. Face au crime organisé, la presse est désunie, ses correspondants isolés et sans moyens, et sa capacité à mener des enquêtes de fond neutralisée par la course à l’information immédiate. Sans prétendre délivrer de solutions définitives à ce problème d’envergure, Reporters sans frontières recommande notamment une plus grande mutualisation des informations et des sources. L’organisation plaide également pour un développement des sociétés de journalistes, garantes de l’indépendance de leurs médias, aptes à tenir les influences financières à distance des choix éditoriaux.

La profession prend la mesure du phénomène. Bien que trop rares, certaines initiatives régionales et internationales démontrent que la volonté d’informer n’a pas encore cédé devant ce mélange de terreur et de pressions.

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