Reporters sans frontières

Le groupe de télécommunications Deutsche Telekom a contrôlé les communications téléphoniques de journalistes.

Publié le lundi 2 juin 2008. Mis à jour le lundi 9 juin 2008.
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Le géant allemand des télécommunications Deutsche Telekom a reconnu le 24 mai 2008 qu’il avait fait surveiller en 2005 et 2006 une partie des communications téléphoniques de certains de ses collaborateurs et de journalistes travaillant notamment pour le Financial Times Deutschland et Capital.

“Il est très surprenant qu’une entreprise comme Deutsche Telekom puisse contrôler en toute illégalité les communications téléphoniques d’une partie de la presse. L’Etat fédéral, principal actionnaire de Deutsche Telekom doit absolument poursuivre ses investigations pour déterminer les responsabilités de tous les acteurs de cette affaire. Nous resterons très vigilant sur l’évolution de ce dossier et sur l’existence éventuelle de telles pratiques au sein d’autres entreprises allemandes”, a déclaré Reporters sans frontières.

De 2005 à 2006, Deutsche Telekom était confronté à d’importants problèmes économiques dans son département de la téléphonie fixe. Dans un entretien paru dans Der Spiegel, Kai-Uwe Ricke, président de la Deutsche Telekom jusqu’en novembre 2006, a reconnu que son groupe s’était inquiété des nombreuses “fuites internes” qui alimentaient la presse en documents confidentiels d’une haute importance stratégique. La direction de la Deutsche Telekom aurait eu recours à une société de consultance externe spécialisée dans la sécurité informatique pour rassembler des données sur des conversations entre une partie des membres de son conseil de surveillance et la presse. Ceci, dans le but d’identifier les auteurs des fuites.

Dans un communiqué de presse du 24 mai 2008, Deutsche Telekom a reconnu une “utilisation illégale de données de communication” mais nie avoir pratiqué des écoutes téléphoniques. Seules “l’heure, la durée et les auteurs de ces conversations” auraient été collectées, et pas le contenu lui-même.

Hans-Jürgen Knok, responsable de la sécurité de la Deutsche Telekom de 1998 à 2004, aurait confirmé que des interceptions de même type auraient également été menées par d’autres entreprises cotées à la bourse de Francfort.

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