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Reporters sans frontières choquée par l'agression d'un journaliste indépendant

Reporters sans frontières choquée par l’agression d’un journaliste indépendant

Publié le jeudi 5 novembre 2009.
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Le 4 novembre 2009, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le palais du Premier ministre albanais, à Tirana, pour protester contre le climat d’intimidation des journalistes dans le pays, après l’agression d’une figure de la presse indépendante locale.

Reporters sans frontières s’est déclarée très choquée par le passage à tabac de Mero Baze. "Cette agression est intolérable. Elle témoigne du sentiment de toute-puissance de certains hommes d’affaires albanais proches du pouvoir, qui refusent obstinément de rendre des comptes sur leurs activités. Nous nous réjouissons de la condamnation unanime de cette attaque par la classe politique et de la réaction rapide de la police, qui semblent indiquer une détermination à mettre désormais fin à l’impunité. La notoriété des protagonistes aidant, cette affaire doit enfin entraîner une prise de conscience et ouvrir un débat sur la situation de la liberté de la presse dans le pays."

Le 2 novembre 2009 vers 23 heures, Mero Baze, rédacteur en chef du journal de référence Tema et producteur de l’émission d’investigation Faktori +, a été passé à tabac par l’homme d’affaires Rezart Taçi et deux de ses gardes du corps. Ces derniers ont été arrêtés, et un mandat d’arrêt a été lancé contre l’homme d’affaires, qui se défend d’avoir porté les coups. Le journaliste a été transporté, inconscient, à l’hôpital militaire de Tirana.

Rezart Taçi est le propriétaire de la compagnie pétrolière ARMO, privatisée il y a un an. Dans le cadre de ses investigations, Mero Baze a régulièrement accusé l’homme d’affaires, proche du Premier ministre Sali Berisha, d’exploiter ses liens avec le pouvoir pour éviter de payer des impôts.

Ce n’est pas la première fois que le journaliste, reconnu pour avoir mis à jour un certain nombre d’affaires de corruption, est agressé suite à ses enquêtes. Sa voiture, qui avait déjà été visée par un tir d’arme à feu, s’est enflammée de manière inexpliquée à la fin de l’année dernière. En 2005, il avait été frappé en public par des proches de personnalités du Parti socialiste dans le sud du pays. En janvier 2009, suite à une décision du ministère de l’Economie, pourtant cassée par une instance judiciaire, la police avait bloqué l’entrée des journalistes de Tema dans les locaux de la rédaction.

La corruption, la propriété foncière et la contrebande sont des sujets très sensibles en Albanie, qui pointe à la 88e place dans le classement mondial 2009 de la liberté de la presse, réalisé par Reporters sans frontières. La presse locale est très polarisée politiquement, tandis que les titres privés sont le plus souvent dépendants de puissants groupes industriels. Cette situation laisse peu de place au journalisme d’investigation et à l’analyse économique indépendante.

(Photo Le Courrier des Balkans)

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