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 Mandat d'arrêt illégal à l'encontre de Partaw Naderi

Mandat d’arrêt illégal à l’encontre de Partaw Naderi

Publié le mardi 5 février 2013.
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Reporters sans frontières s’inquiète du mandat d’arrêt lancé le 30 janvier 2013, à Kaboul, à l’encontre de Partaw Naderi. Poète, écrivain renommé et collaborateur de plusieurs médias afghans, il est poursuivi suite à une plainte pour diffamation déposée par le ministre des Transports, Davood Ali Najafi.

« Nous demandons l’annulation immédiate du mandat d’arrêt émis par les autorités afghanes à l’encontre de Partaw Naderi. Selon la loi sur la presse, le procureur ne peut engager de poursuites avant que la commission de vérification des délits n’en ait fait la demande. Cette dernière n’ayant pas encore siégé et aucune requête en ce sens n’ayant été formulée, la décision du parquet est donc illégale”, a déclaré Reporters sans frontières.

En août 2011, les médias afghans, notamment le journal Mandegar et la chaîne Tolo TV avaient publié une lettre émanant de deux fonctionnaires du ministère des Transports, accusant Davood Ali Najafi, ancien membre de la commission électorale indépendante en 2009 et actuel ministre des Transports, de corruption au sein de son ministère et d’implication dans des affaires de fraudes électorales. « C’est moi qui ai fait élire Karzai président de la République », avait déclaré dans cette lettre Davood Ali Najafi, reconnaissant de fait des fraudes massives. En mai 2012, Partaw Naderi, citant cette lettre dans un article publié par le journal Araman Mili, avait qualifié les propos du ministre d’insultes envers le processus démocratique du pays et la souveraineté du peuple.

Suite à la publication de cet article, Davood Ali Najafi avait porté plainte contre Partaw Naderi, malgré la publication de son droit de réponse dans le même journal.

Bassair Azizi, porte-parole du parquet, a confirmé le 3 février sur les ondes de la radio Azadi, l’émission du mandat d’arrêt ciblant Partaw Naderi.

Contacté par l’organisation, Partaw Naderi a déclaré : « J’ai écrit mon article sur la base des informations publiées depuis plusieurs mois déjà dans les médias du pays. »

Le ministère de l’Information a reconnu que la commission avait été informée par le parquet de la plainte, puis de l’émission du mandat d’arrêt, mais a, en revanche, confirmé par l’intermédiaire de Zaryalai Nawabi, conseiller en relations publiques et média au ministère de l’Information et de la Culture, que « le dossier n’(avait) jamais été débattu à la commission et cette dernière n’a pas donné son avis ».

« Une semaine après la publication du Classement mondial de la liberté de la presse 2013, notant une progression sensible de l’Afghanistan (128ème,+22) - notamment en raison de l’absence de journalistes emprisonnés -, le pouvoir se doit de garantir le respect de la loi sur les médias », a rappelé l’organisation.

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